Sujet : La place des brasseurs artisanaux français à l'export

Au départ, un réaction de Daniel Thiriez sur FB après le Borefts

Daniel Thiriez a écrit:

si vous voulez avoir une file de 100 personnes à votre stand pendant 10 heures non stop : proposez des bières à +10% alc, très acides, "vieillies", et vendues très cher.

Attention cd n'est qu'un extrait, Dany ne crache pas dans la soupe mais a visiblement été surpris par l'audience supergeek de ce festival, et par le comportement détestable de certains, qui snobent les brasseurs français, qui seraient inconnus au delà de nos frontières ?

Moi ça me laisse perplexe. Je sais que le paysage brassicole français a explosé, que le temps est révolu où les brasseurs à la papa  reproduisaient à l'infini leur gamme blonde / brune / ambrée / Noël / Printemps.

Pour parler du Borefts, la brasserie du Mont Salève y avait fait forte impression il y a quelque années (vivement demain default/big_smile ), et Dany avec le talent qu'on lui reconnait (je me rappelle une discussion à son sujet chez de Struise...) aura aussi été un ambassadeur de choc de la brasserie française ?

Il se dit que les brasseurs artisanaux français auraient une mauvaise image à l'étranger, là où les italiens et les espagnols savent parfaitement se faire reconnaître...

En ce qui me concerne la reconnaissance des brasseurs par la geeksphere, je m'en fous un peu. Je  ne peux pas tout goûter et même si je ne crache pas sur des découvertes exotiques je préfère :
- consommer local, en tant que démarche globale "c'est fabriqué près de chez vous"
- et connaitre les brasseurs, ce qui revient au même résultat

J'ai passé l'âge d’idolâtrer des brasseurs étrangers dont le principal talent est de bien se vendre.


Qu'en pensez-vous ?

il fait beau

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Re : La place des brasseurs artisanaux français à l'export

Si la 'mode' est à ce style de bière, c'est normal d'avoir une file. Après de la à bouder les brasseries françaises, je dirai non. peut-être parce que pas connues hors France.
Perso je ne vois jamais à l'étranger de bières artisanales françaises, l'inverse pourtant est réél.

Je trouve que le milieu de la bière s'est 'snobisé', comme tu le dis entré dans la geeksphere.
J'aime bien gouter, déguster des bières de toutes horizons sans forcément me soucier du payer d'origine, j'aime la bière et je découvre (parfois de tres bonne surprise !!!)
Local oui bien sur, mais ce qui est bien c'est le cote humain, on peut discuter et échanger avec le brasseur. Mais pour s'enrichir on doit aller voir plus loin default/wink

En France aussi, certains brasseurs profitent de cet 'geeksphere' ...

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Re : La place des brasseurs artisanaux français à l'export

guernoulle a écrit:

Moi ça me laisse perplexe. Je sais que le paysage brassicole français a explosé, que le temps est révolu où les brasseurs à la papa  reproduisaient à l'infini leur gamme blonde / brune / ambrée / Noël / Printemps.

Mmm, je pense que le paysage brassicole français est toujours majoritairement blanche/blonde/ambrée/brune (Noël et Printemps tu peux oublier en dehors du Nord), même pour les brasseries récentes. Elles ont leur public en local car les gens aiment boire LEUR bière du coin.

Pour ce qui est de la relation difficile entre les brasseries françaises et les beergeeks ça me semble assez logique : la plupart des brasseurs français qui ont un avis sur le sujet ne les aiment pas (la plupart ne se sentent même pas concernés par le débat à mon avis) car c'est un public qui demande trop de travail avec une exigence de renouveau sans fin (et une grosse exigence de résultat, vu le prix des bières en question). Ils préfèrent travailler pour un public de réguliers qui passent à la brasserie faire leur réserve de leur bière préférée. Ces brasseries locales existent aussi sûrement dans les autres pays mais ce ne sont pas celles qu'on fait se déplacer en festival.

Ensuite il y a l'histoire d'échelle. Une brasserie artisanale étasunienne (voire londonienne) qui s'oriente vers la culture beergeek le fait avec des volumes qui permettent l'export alors que les (rares) brasseries françaises qui sont dans ce trip sont en micro production et quasi introuvables y compris dans le réseau des cavistes vraiment pointus.

On a beau dire, on a beau faire, y aura toujours de la pomme de terre.

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Re : La place des brasseurs artisanaux français à l'export

Ben oui, même si Daniel fait de très bonnes bières, c'est sûr que sur un salon dédié aux beergeek, ça dénote. Je ne pense pas non plus que les bières françaises soient boudées à l'étranger, bien au contraire. De même qu'il y a un public pour les bières dites classiques en France, il est également le plus représentatif à l'étranger.

Quant aux bières pour beergeeks, le problème n'est pas de la produire, mais de la vendre. Le seul marché local, même régional n'est pas suffisant pou écouler un brassin. Pour se permettre de faire des bières de ce style, il faut soit avoir une micro production, soit être déjà bien implanté en France, voire même à l'étranger. Il n'y a que quelques brasseries artisanales dans le nord qui ont ce potentiel, on les compte sur les doigts d'une seule main. Je pense  que c'est pareil dans le reste de la France, hormis Paris qui doit être une exception culturelle.

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Re : La place des brasseurs artisanaux français à l'export

Comme c'est drôle Guernoulle, j'ai réagi (en famille) à cette même phrase de Daniel.
Je me suis dit "Il n'a pas tort le gars".

"Vous buvez une blonde ou une brune monsieur ?"
Oui les grands groupes industriels ont imposé le technicolor brassicole. Non, la couleur n'est pas le seul indicateur d'un type de bière. Mais l'évolution actuelle vers des styles aux appellations d'origine incontrôlée et à consonance anglaise ne règle rien au problème de lisibilité et donne un côté faux expert à des brasseurs exotisés qui poussent loin les saveurs de leurs produits (Patate n'aime pas ce mot) vers des extrêmes.
On veut du goût, on veut de l'épaisseur et on exige de l'originalité. Même le nom des bières prennent le même chemin vers l'absolu.
Pourquoi pas disent certains ?
Oui, pourquoi pas mais restons lucides. La bière c'est une recette et avec l'essor des brasseurs amateurs, il fallait bien qu'on leur fasse plaisir à ces créateurs en herbe.

"La France ? C'est la Kronenbourg !"
Pas faux. Cette bière très consommée à partir des années 1980 a ridiculisé des générations de buveurs à force d'imposer la médiocrité.
Mais n'oublions pas (Oui, je parle de ma région) La Choulette et La Bavaisienne (pour ne citer qu'elles) souvent mieux connues à l'étranger par les anglais, les québécois et les américains à cette même époque.

Moi aussi, j'ai tendance à déguster local et en circuit court mais avouons tout de même que les nouvelles générations de consommateurs recherchent souvent des bières qui font du bruit.
La sphère virtuelle domine le monde ? Levons nos verres face à l'adversité !

Pas de style, pas de famille : des méthodes.

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Re : La place des brasseurs artisanaux français à l'export

Quand vous parlez des bières de la 'geekmode' à prix un peu fort vous parlez de quelles brasseries par exemple?
Parce que les françaises locales sont pas données qd mm ... Des brasserie type SIerra Nevada ou Anchor par exemple à - de 3€ peuvent facilement passer devant une quelconque française à 3/4€ typé classique blonde.

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7 (modifié par laurkemen 27-09-2016 18:45:10)

Re : La place des brasseurs artisanaux français à l'export

effectivement, les petites brasseries locales ont tendances à faire mal au porte-monnaie quand on veut consommé local.

j'ai l'impression(perso) que dans les brasseries artisanales françaises il y a 2 écoles:

premièrement : comme dit si justement en haut "les grands groupes industriels ont imposé le technicolor brassicole", oui je connais des brasseries qui ne se contentent que des "couleurs" classiques.
deuxièmement : il y a ceux qui sont raide dingue du métier et innovent et osent des IPA(désormais à la mode), des single hop, des multi-céréales, saisons etc... etc...

après, et là c'est une vraie question que je me pose: les bières française connues à l'étranger, sont indus ou artisanales?

Brassicalement vôtre

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8 (modifié par pablo69 28-09-2016 08:42:32)

Re : La place des brasseurs artisanaux français à l'export

Comme Guernoulle, en ce qui me concerne la reconnaissance des brasseurs par la geeksphere, je m'en fous un peu. J'ai aussi tendance à acheter local et en circuit court.

Après si les brasseurs artisanaux français sont peu présent à l'export, c'est peut-être que beaucoup ont une toute petite production ? Avec le succès grandissant des bières artisanales, certains ont même parfois du mal à répondre à la demande sur le marché local et français, alors comment pourraient-ils envisager d'être très présent à l'export ?

Lolo62, tu as bien de la chance de trouver des bières de la brasserie Anchor à - de 3€, car sur Lyon elles sont aussi chères que les bières locales, comme la plupart des américaines (qui parfois peuvent-être même beaucoup plus chères !).

"Si l’on sait exactement ce qu’on va faire, à quoi bon le faire ?"
Pablo Picasso

Re : La place des brasseurs artisanaux français à l'export

J'avais bien précisé que ce n'est qu'un extrait, j'ai eu l'occasion hier soir d'en discuter avec Daniel hier soir après le mets/bières "Mont Salève" chez Florent Ladeyn.
C'est une pointe d'agacement un peu anecdotique sur quelques comportements excessifs, sur le "faire savoi"r qui peut prendre plus d'importance que le savoir-faire. Dany est clairement un "faiseur" très attaché à la qualité de sa production, ça a un sens.

Ce n'est certainement pas une croisade. Il faut de tout pour faire un monde et les OBNI de Mickael Novo (Weissbier ensemencée au petit lait de brebis par exemple) sont résolument geek mais furieusement interpellants.

Quand le produit est intéressant, peu importe qu'il soit dans un style commun ou geek. C'est plus difficile d'être intéressant sur un style commun parce qu'alors le produit doit être vraiment bien foutu, alors que quand tu fais une bière-concept c'est le concept plus que le produit qui va susciter l'intérêt.

Quand tu expérimentes à tout va il y a forcément des échecs artistiques ou techniques (je pense par exemple à la Weltmerz de chez De Struise). Là on peut jouer profil bas et ne pas recommencer, ou se la taper style Albatros/Prince des Nues dans le genre "ouaiiiiis c'est très conceptuel, tout le monde ne peut pas avoir le niveau pour apprécier ça, mais vous n'êtes pas tout le monde, cher beerhunter", et la geeksphere de répondre "Oh mais bien sûr, comme c'est étonnant, comme c'est osé !!!!"

C'est clair que les nouveaux brasseurs doivent en premier lieu faire tourner leur investissement et qu'ils ont intérêt à prendre comme cœur de cible leur marché local avec de la vente directe et des bonnes marges. Donc à la base un production plutôt standard. Après ils choisissent de se la péter ou pas, sincèrement ou pas (ça peut aussi être un angle marketing), ça ne me fait ni chaud ni froid.

il fait beau

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